Le budget et le prix du GR20 Sud, entre Vizzavona et Conca en Corse-du-Sud, se situent en 2026 entre 360 et 435 € par personne pour six jours et cinq nuits. Cette estimation suppose que tous les repas sont achetés en refuge et que chaque nuit se passe dans une installation du Parc naturel régional de Corse. Elle n’inclut ni le voyage jusqu’à l’île, ni les transferts routiers, ni le matériel, ni une éventuelle nuit en hébergement privé.
À Paliri, j’ai vu le café chauffer pendant que le granit gardait encore le froid de la nuit. C’est souvent là, devant une boisson, une recharge ou un dîner non prévu, que les calculs trop serrés commencent à se défaire. Le guide complet du GR20 permet de replacer cette enveloppe dans la préparation générale de la traversée.
Combien prévoir par jour sur le GR20 Sud ?
Le couchage forme la dépense fixe. La nourriture varie selon ce que l’on porte et ce que l’on achète. Pour 2026, les tarifs des hébergements PNRC sont de 12 € avec sa propre tente, 20 € en bat-flanc, 27 € dans une tente du Parc occupée seul et 39 € pour deux personnes partageant cette tente. Dans le dernier cas, la nuit revient à 19,50 € par marcheur.
Le Parc conseille de retenir environ 50 € par jour pour les repas et les petits achats. Une journée suivie d’une nuit revient donc à :
- 62 € avec sa propre tente ;
- 70 € en bat-flanc ;
- 69,50 € par personne dans une tente PNRC partagée ;
- 77 € dans une tente PNRC occupée seul.
Ces montants ne doivent pas être multipliés mécaniquement par six. Un parcours de six jours comporte normalement cinq nuitées. Il faut aussi placer chaque coucher sur les étapes du GR20 Sud, car les prestations disponibles ne sont pas identiques partout.
Repère de terrain : ajouter 10 % de marge me paraît raisonnable. En montagne, cette réserve sert davantage qu’un budget calculé au centime puis défendu au prix d’une étape doublée sur des jambes fatiguées.
Ce que paie réellement une nuitée PNRC
La réservation donne accès à une aire de bivouac aménagée et aux équipements du refuge : point d’eau courante, toilettes sèches, douches, cuisine extérieure avec gaz et ustensiles, salle commune, petite épicerie et service de restauration. Le confort reste sommaire. Une douche peut être froide, le sol bosselé et l’épicerie peu fournie après un retard d’approvisionnement.
Les tentes du Parc ont deux places. Un matelas d’environ trois centimètres est fourni à chaque occupant, mais le duvet reste à apporter. Même après une journée chaude dans a machja, le maquis, la température baisse vite lorsque le soleil passe derrière les aiguilles.
Avec une tente personnelle, le tarif est calculé par marcheur, pas par toile. Deux personnes dormant ensemble réservent donc deux bivouacs. Le camping sauvage est interdit : il faut dormir sur une aire autorisée près d’un refuge ou dans une structure privée. La page consacrée aux refuges du GR20 détaille leurs services et leurs limites.
À Asinao, le bat-flanc n’est pas proposé en 2026. Le bivouac personnel et la tente PNRC restent disponibles. Un itinéraire construit avec cinq nuits à 20 € n’est donc pas réservable tel quel entre Vizzavona et Conca.
Je ne choisirais pas automatiquement le dortoir pour économiser du poids. Chaleur, ronflements et départs à la frontale peuvent rendre la nuit courte. À l’inverse, porter une tente uniquement pour gagner quelques euros est un mauvais calcul si ce poids tire sur les genoux dans les descentes de l’Alta Rocca.
Manger en refuge sans perdre le contrôle du budget
Les prix 2026 annoncés par le Parc sont des ordres de grandeur : environ 10 € pour le petit-déjeuner, 10 € pour le panier-repas et 20 € pour le dîner. Le total théorique est de 40 €. La recommandation de 50 € par jour absorbe une boisson, un encas, un achat d’épicerie ou la différence de prix entre deux étapes.
Les repas ne sont pas compris dans le couchage. Ils se commandent sur place. Pour le dîner, il faut arriver au plus tard à 18 h afin de passer commande ; le service commence généralement autour de 19 h. Les règlements sont acceptés en espèces ou par chèque. Je ne compterais pas sur une carte bancaire en altitude, encore moins sur un réseau téléphonique stable à Paliri.
Je garde l’argent dans deux pochettes étanches séparées. Une petite somme reste accessible pour la journée ; le reste ne sort pas du fond du sac. La confirmation de réservation mérite le même traitement : téléchargement avant le départ et capture d’écran lisible hors connexion.
Porter toute sa nourriture réduit la facture, mais les économies pèsent vite sur les dalles de Bavella. Mon compromis est simple : déjeuners froids, encas et deux portions de secours dans le sac, puis dîner chaud au refuge. L’épicerie dépanne. Elle ne remplace pas un commerce de vallée et son rapport quantité-prix peut décevoir.
Calcul pour six jours et cinq nuits
En retenant six journées de nourriture à 50 €, la ligne des repas atteint 300 €. Il reste à ajouter cinq couchages :
- propre tente : 300 € de repas et 60 € de bivouacs, soit 360 € ;
- tente PNRC partagée : 300 € et 97,50 € de couchages, soit 397,50 € par personne ;
- tente PNRC occupée seul : 300 € et 135 € de couchages, soit 435 € ;
- bat-flanc : le calcul théorique donne 400 €, mais doit être corrigé pour la nuit à Asinao.
Pour un marcheur dormant quatre nuits en bat-flanc puis seul dans une tente PNRC à Asinao, le total atteint 407 €. À deux dans cette tente, il descend à 399,50 € par personne. Utiliser sa propre tente uniquement à Asinao ramènerait le total à 392 €, mais il faudrait la porter pendant tout le parcours pour cette seule nuit.
Ce calcul est une base, pas un forfait. Une bergerie, un gîte ou un autre établissement privé applique ses propres tarifs. Il faut l’inscrire séparément plutôt que de le faire entrer de force dans la grille du Parc.
Réserver sans figer un itinéraire irréaliste
Pour la saison 2026, les refuges PNRC sont gardés du 16 mai au 4 octobre inclus. La réservation est obligatoire pour le bat-flanc, la tente du Parc et le bivouac avec sa propre tente. Elle est nominative et valable pour un refuge précis, à une date précise. Le couchage se règle en ligne par carte bancaire ; la confirmation reçue par courriel sert de quittance.
Les places réservées sont garanties jusqu’à 19 h. Après cette heure, l’hébergement dépend des disponibilités. Une date ou un refuge peut être modifié au moins 48 heures avant l’étape, sous réserve qu’une place soit encore libre. Une nuit abandonnée ne se décale pas automatiquement au refuge suivant.
Réserver tôt aide à conserver un découpage cohérent, mais une place disponible ne rend pas une étape raisonnable. La chaleur, les crêtes et l’accumulation des descentes ralentissent même les marcheurs entraînés. Le risque d’incendie peut également fermer rapidement un secteur. Il faut contrôler l’accès la veille et demander au gardien l’état du parcours et des points d’eau le matin.
Accès à Vizzavona, retour de Conca et stationnement
Vizzavona est accessible par le train, mais l’horaire doit être raccordé au véritable début de la première étape. Une arrivée tardive peut imposer une nuit supplémentaire. À l’autre bout, le retour depuis Conca est souvent oublié dans le budget.
Une liaison saisonnière entre Conca et Porto-Vecchio a été relevée en 2026 autour de 8 € pour environ 40 minutes. Elle circule sur une période limitée, sans service annoncé les dimanches et jours fériés. Les horaires peuvent changer : il faut les confirmer avant d’acheter une correspondance non modifiable.
Il n’existe pas de tarif public unique pour un « parking du GR20 » à Conca. Le prix et l’autorisation dépendent du terrain ou de l’établissement. Une place libre au bord de la route n’autorise pas à laisser une voiture six jours. Demandez un accord explicite et un montant écrit. Avec deux véhicules, comptez aussi le carburant, le détour et le temps de mise en place ; une navette partagée peut revenir moins cher.
Matériel et accompagnement : les deux grosses variables
Le matériel peut dépasser le prix des nuitées lorsqu’il faut partir de zéro. Commencez par la liste du matériel nécessaire. Une tente empruntée, un sac loué ou une polaire d’occasion allègent la facture. Les chaussures, le duvet et la veste de pluie doivent en revanche être adaptés, essayés et testés avant le départ.
Je suis née à Sartène et j’ai travaillé comme guide accompagnatrice avant d’écrire sur l’île. Sur le terrain, l’achat le plus regretté est souvent l’objet pris « au cas où », puis porté jusqu’à Conca sans avoir quitté le sac. Pesez l’ensemble avec l’eau et la nourriture. Marchez plusieurs heures avec. Les achats inutiles apparaissent très vite.
Pour comparer un GR20 organisé ou en liberté, une formule accompagnée de six jours sur le GR20 Sud est affichée en 2026 à partir de 830 € par adulte, sur une base de huit participants. Elle comprend l’encadrement, les hébergements et la pension complète du premier dîner au pique-nique du sixième jour. Le voyage, certains repas d’arrivée ou de départ, les boissons et les assurances restent à ajouter.
Le trek n’est enfin qu’une partie du séjour. Traversée vers la Corse, nuits avant et après la marche, transferts et quelques jours sur l’île changent fortement le total. Pour cette enveloppe complète, mieux vaut estimer le budget de la semaine en Corse-du-Sud séparément.
En pratique : retenez 360 à 435 € par personne pour six jours et cinq nuits entre Vizzavona et Conca, avec repas achetés et couchages PNRC. Ajoutez le voyage, les transferts, le stationnement confirmé, le matériel, les éventuelles nuits privées et une réserve permettant de payer un couchage, un dîner et un déplacement imprévus.