Pour choisir parmi les plages sauvages et les criques de Corse-du-Sud, visez Roccapina pour une première découverte, Cala di Conca pour une journée de marche, Grand Spérone près de Bonifacio ou Capicciola autour de Porto-Vecchio. À 7 h, le sable est encore frais et les parkings respirent. Trois heures plus tard, l’accès compte davantage que la couleur de l’eau. Mon conseil de guide reste simple : organisez la journée dans un seul secteur, avec une plage principale et un repli proche. Si le groupe a besoin de toilettes, de surveillance ou d’un accès sans sentier, consultez plutôt le guide des plages de Corse-du-Sud.

Choisir une crique selon la journée, pas selon une photo

Une plage sauvage n’est pas forcément difficile d’accès. Roccapina demande peu de marche, tandis que Cala di Conca impose de porter l’eau et le repas pendant plusieurs heures. Capu Laurosu convient à une baignade souple depuis Propriano. Lavezzu dépend d’une traversée et de l’état de la mer.

  • Pour une première sortie : Roccapina, tôt le matin.
  • Pour marcher avant de se baigner : Cala di Conca ou les premières anses de Campomoro.
  • Pour nager autour des rochers : Arena Bianca, Capicciola ou Grand Spérone par mer calme.
  • Pour une journée sans voiture après le départ : Lavezzu, avec eau et repas dans le sac.

Palombaggia mérite sa réputation, mais pas l’étiquette de plage secrète en août. Lorsque son trafic commence à ralentir toute la presqu’île, une petite anse de galets près de Capicciola donne souvent une meilleure journée. Pour éviter de traverser le département inutilement, regroupez vos choix à l’aide des destinations du littoral de Corse-du-Sud.

Organisation · repli : gardez une seconde plage à moins de 30 minutes et fixez une heure limite. Si le premier stationnement déborde déjà, changez de cap.

Roccapina, sauvage sans randonnée obligatoire

Le Lion de Roccapina se dessine au-dessus du maquis avant que l’anse apparaisse. J’aime y arriver quand le granit commence seulement à chauffer. La plage reste l’un des choix les plus simples pour découvrir le littoral du Sartenais sans engager une longue marche.

L’accès est indiqué depuis la RT 40, entre Sartène et Bonifacio. La dernière partie réclame une conduite lente, puis une courte approche permet de rejoindre le sable. Le site est peu équipé : prévoyez l’eau, le repas et une protection solaire. L’ombre des pins est bien moins généreuse qu’elle ne paraît depuis la route.

Roccapina perd beaucoup de son charme lorsque les voitures s’accumulent au plus près du rivage. En juillet et août, une arrivée matinale évite les croisements pénibles et la recherche d’une place improvisée. Aux heures chaudes, A Casa di Roccapina, située au col, est une bonne pause. En 2026, la maison de site annonce une ouverture du mardi au samedi, de 10 h à 18 h entre juin et septembre, hors jours fériés.

Accès · durée · limite : arrivée depuis la RT 40, peu de marche pour la plage, aucune raison de s’engager sur un sentier plus long sans eau ni chaussures fermées.

Cala di Conca, le silence au prix de l’effort

À Cala di Conca, personne ne descend avec une glacière à roulettes. Depuis Tizzano, le sentier côtier passe dans a machja, le maquis, puis sur des portions pierreuses exposées au soleil. L’anse est étroite, isolée et dépourvue de ravitaillement. C’est justement ce qui fait son intérêt.

Il faut compter environ 2 h à 2 h 30 de marche pour l’atteindre, selon le point de départ, l’allure et les pauses. Le retour transforme donc la baignade en vraie sortie à la journée. Partez tôt, enregistrez la carte hors connexion et gardez assez d’eau pour revenir sans compter sur une source. Le réseau téléphonique ne remplace ni l’orientation ni une marge horaire.

Je déconseille cette crique avec de jeunes enfants, une personne peu entraînée ou un départ tardif. La chaleur peut suffire à rendre le retour pénible. Sur l’espace protégé, le bivouac, les feux et les dépôts de déchets sont interdits. Tout ce qui arrive dans le sac doit en repartir.

Accès · équipement · décision : sentier depuis Tizzano, chaussures fermées, journée entière disponible. Renoncez si la chaleur, le vent ou la fatigue rendent le retour incertain.

Capu Laurosu et Campomoro, deux visages du Valinco

Capu Laurosu est le repli facile. À la sortie de Propriano, le parking du chemin des plages est gratuit et dessert la grande plage ainsi que les criques rocheuses d’Arena Bianca. On peut alterner sable, masque et petite marche sans porter le matériel pendant des heures.

La plage principale est ouverte au vent et à la houle. Quand la mer remue, l’entrée dans l’eau demande plus de prudence que dans une baie fermée. Arena Bianca paraît plus abritée, mais les rochers mouillés glissent et la mise à l’eau n’est pas toujours agréable pour un petit enfant. Des chaussures aquatiques sont ici plus utiles qu’un équipement de plage encombrant.

Campomoro demande davantage d’anticipation. Après le stationnement dans la marine, comptez une vingtaine de minutes à pied pour gagner Bassa Torra et le départ du sentier côtier. Les premières anses suffisent pour une demi-journée. Continuer vers Senetosa change l’échelle : le Grand Site protégé s’étend sur plus de vingt kilomètres de côte, et une promenade improvisée peut vite devenir une randonnée.

Le village se remplit tôt en été. S’il n’y a plus de place, revenez vers Propriano. Stationner sur un passage, une entrée ou la végétation ne fait gagner qu’un problème.

Accès · alternative · vigilance : Capu Laurosu pour la facilité ; Campomoro pour marcher. Sur les deux sites, surveillez la mer avant de choisir entre plage ouverte et crique rocheuse.

Petit et Grand Spérone, beaux mais plus vraiment secrets

Depuis Piantarella, le sentier longe l’eau jusqu’au Petit Spérone. L’arrivée est saisissante au petit matin : une petite baie claire, un fond peu profond et presque aucun bruit. En juillet et août, cette impression tient rarement jusqu’à midi. Le sable disponible disparaît vite sous les serviettes.

L’office de tourisme de Bonifacio indique environ 10 minutes de marche jusqu’au Petit Spérone, puis 15 minutes supplémentaires jusqu’au Grand. Je poursuis volontiers jusqu’au second : il laisse davantage d’espace et le chemin traverse une portion agréable près des pins. En revanche, il faut porter l’eau, le repas et les affaires de baignade.

Le secteur de Piantarella est en réaménagement en 2026. Le stationnement reste limité et les conditions de circulation peuvent évoluer. Suivez les panneaux présents le jour même. Les plages se trouvent dans la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio et sont sans tabac. Par vent d’est, le sable très fin devient vite pénible.

Accès · foule · meilleur moment : départ à pied depuis Piantarella, arrivée tôt ou en fin d’après-midi. Grand Spérone est le meilleur repli lorsque le Petit est déjà plein.

Lavezzu, des criques superbes sous condition de mer

Sur Lavezzu, les blocs de granit coupent le littoral en petites anses. On a envie de quitter le sentier à chaque détour. Il faut résister : la végétation basse supporte mal le piétinement et certains espaces sont fermés pour cicatriser ou protéger la faune.

L’accès se fait notamment par bateau ou navette depuis Bonifacio. Lavezzu est la seule île de l’archipel où l’escale touristique est autorisée. Une fois débarqué, restez sur les plages et les cheminements indiqués. Il y a peu d’ombre et aucun ravitaillement sur lequel compter. Eau, repas, chapeau et chaussures tenant au pied doivent partir avec vous.

La réservation et le budget dépendent de la formule choisie : simple rotation, promenade commentée ou sortie en petit groupe. Les horaires et le débarquement restent soumis à la météo. Comparez les excursions en bateau en Corse-du-Sud, puis confirmez la veille le premier départ disponible et surtout la dernière rotation de retour. Si le vent se renforce, acceptez le report. La mer décide ici.

Accès · autonomie · limite : traversée depuis Bonifacio, conditions à reconfirmer avant le départ, aucune journée sur l’île sans réserve d’eau suffisante.

Capicciola, le repli rocheux près de Porto-Vecchio

À Capicciola, près du hameau de Cirindinu, le sable fin laisse place aux galets, aux rochers et aux petites langues d’eau entre le maquis. On vient pour une baignade calme et une promenade légère, pas pour une paillote ou des transats.

Depuis Sainte-Lucie de Porto-Vecchio, suivez la direction de Pinarello, puis la route de Capicciola avant de terminer à pied. L’accès discret oblige à respecter les propriétés, les clôtures et les passages existants. Un raccourci dans le maquis finit souvent entre les ronces ou devant un terrain privé.

Capicciola est un bon choix lorsque les grandes plages du golfe ne correspondent plus à la journée recherchée. Elle n’a pas le décor lisse de Palombaggia. Elle a moins de services, moins de sable et, souvent, moins d’agitation.

Accès · profil · matériel : route depuis Sainte-Lucie puis approche pédestre, équipement léger et chaussures adaptées aux galets. À écarter si le groupe exige sable fin, poussette et services immédiats.

Vent, enfants et saison : savoir renoncer au bon moment

Une eau transparente ne dit rien de la houle. À Capu Laurosu, une mer agitée complique la sortie de l’eau. Dans une crique rocheuse, le vent peut pousser un nageur vers les blocs. Les enfants restent à portée de main, même quand le fond semble bas. Beaucoup de plages sauvages ne sont ni surveillées ni équipées.

Mai, juin, septembre et le début d’octobre donnent généralement plus d’espace. L’eau peut être fraîche au printemps, les services plus rares et les journées plus courtes en automne. En juillet et août, partez avec l’eau déjà achetée, une carte disponible hors connexion et un repli dans le même golfe.

Ne laissez rien de visible dans la voiture. Sur place, ne prélevez ni sable, ni galet, ni végétation. Les mégots, même éteints, n’ont rien à faire dans le maquis. Enfin, consultez les consignes affichées : risque d’incendie, travaux ou protection d’une zone peuvent modifier un accès pourtant utilisé la semaine précédente.

Sécurité · saison · bon sens : contrôlez le vent avant de partir, observez la mer avant d’entrer et renoncez dès que le retour devient la partie incertaine de la journée.

En pratique : choisissez Roccapina pour une première plage sauvage, Cala di Conca pour marcher, Capu Laurosu pour une sortie souple depuis Propriano et Grand Spérone pour Bonifacio. Gardez toujours de l’eau, des chaussures adaptées, une carte hors connexion et un second choix situé dans le même secteur.

Léa Santoni, guide insulaire
Léa Santoni
Guide & rédactrice

Insulaire née à Sartène, ex-guide accompagnatrice en montagne, je vis à Porto-Vecchio. J'écris les guides de Corse-du-Sud. — celles et ceux que je donnerais à un ami qui débarque pour la première fois : les criques sans nom, les prix honnêtes, les pièges à touristes et l'heure exacte où Palombaggia se vide.

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