Pour parcourir les étapes de la GT20 en Corse-du-Sud, le découpage le plus logique relie Zicavo à Zonza sur 44 km, puis Zonza à Bonifacio sur 71 km. Deux jours suffisent sur la carte, mais pas sans préparation : la première journée concentre un fort dénivelé, la seconde dépasse 1 000 m de montée avant une longue descente vers l’Extrême-Sud. Au col de la Vaccia, le matin sent le pin humide et le maquis froid. J’aime ce passage tôt, quand la route est encore vide. Le guide complet de la GT20 permet de replacer ces deux étapes dans la traversée de l’île.

Les étapes de la GT20 sud en un coup d’œil

Dans le sens nord-sud, l’itinéraire officiel entre en Corse-du-Sud par le Haut-Taravo. Il traverse ensuite l’Alta Rocca avant de rejoindre Bonifacio. Ajaccio, Propriano et Sartène ne se trouvent pas sur cet axe principal : les intégrer demanderait de créer un autre voyage, avec davantage de kilomètres et de circulation.

  • Zicavo – Zonza : 44 km, par le col de la Vaccia et Aullène. Le profil publié en 2026 indique environ 1 800 m de dénivelé positif, mais le total peut varier selon la trace et l’appareil utilisé.
  • Zonza – Bonifacio : 71 km et environ 1 014 m de montée, par Levie, Carbini et le col de Bacinu.
  • Boucle facultative depuis Zonza : environ 40 km par Levie, Sainte-Lucie-de-Tallano, Zoza, Serra-di-Scopamène et Quenza.

Ces distances peuvent sembler modestes à un cycliste habitué aux sorties de plaine. Elles ne disent rien des relances, du vent, des descentes étroites ni de la chaleur accumulée dans l’après-midi. Un cycliste entraîné peut enchaîner les deux journées. Avec des bagages lourds, une première expérience de montagne ou un VAE dont l’autonomie est incertaine, une journée tampon reste une précaution raisonnable.

Repère pratique : réservez d’abord les nuits à Zicavo, Zonza et Bonifacio. Adaptez ensuite le kilométrage au vélo réellement utilisé, pas à une moyenne quotidienne calculée sur une route plate.

Zicavo – Zonza : 44 kilomètres qui occupent la journée

La sortie de Zicavo donne vite le ton. L’eau court encore le long de certaines chaussées du village, puis les maisons s’espacent. La route monte au milieu des châtaigniers avant de retrouver a machja, le maquis. Peu de passages sont brutalement raides, mais l’effort dure et les possibilités de ravitaillement ne doivent jamais être tenues pour acquises.

Le col de la Vaccia atteint 1 193 m. Son ascension est longue, irrégulière selon le versant et exposée au vent. Une trace récente peut afficher un point haut légèrement différent : ce décalage vient souvent du relevé GPS ou du tracé exact suivi. Ce qui compte sur le vélo est plus simple. Il faut conserver un braquet facile et ne pas vider ses réserves dans la première moitié de l’étape.

Au sommet, la température peut perdre plusieurs degrés en quelques minutes. Gardez une veste légère dans une poche accessible. Je l’ai déjà vu : soleil franc à Zicavo, brouillard humide au col, puis chaleur revenue avant Aullène. Enterrer la veste sous toutes les sacoches oblige à s’arrêter au pire endroit.

La descente vers Aullène demande davantage de retenue que de technique pure. La chaussée se resserre, certains virages masquent la sortie et les animaux en liberté ne préviennent pas. Après le village, le profil ondule encore en direction de Quenza. Zonza paraît proche, mais les petites remontées finissent le travail commencé au col.

L’arrivée face aux aiguilles de Bavella est plus agréable en fin d’après-midi, lorsque la lumière descend sur le granit et que le trafic se calme. Ne construisez pourtant pas la journée autour de cette heure idéale : une crevaison ou une pause longue à Aullène peut facilement la décaler.

Accès · durée · vigilance : prévoyez une journée entière, remplissez les bidons avant de quitter Zicavo et vérifiez la veille où trouver de l’eau ou un repas. La descente n’est pas un endroit où chercher à rattraper du temps.

Zonza – Bonifacio : le col de Bacinu avant la mer

À la sortie de Zonza, l’air garde souvent la fraîcheur des pins. La route descend vers Levie, puis gagne Carbini et son campanile isolé. Cette première partie peut donner l’impression que la difficulté est passée. C’est trompeur. Le terrain conserve des reprises et l’étape reste longue jusqu’à Bonifacio.

Le col de Bacinu, situé autour de 809 m, est la principale difficulté du jour. La montée s’étire sur un peu plus de dix kilomètres pour un gain vertical proche de 460 m. Elle n’impose pas une pente extrême en continu. Elle use plutôt par accumulation, surtout lorsque le vent chaud remonte de la plaine ou que les jambes portent encore la veille.

Avec un VAE, surveillez la batterie avant le col, pas au sommet. Le mode d’assistance le plus fort donne une sensation rassurante mais réduit vite l’autonomie avec les bagages. Sur un vélo musculaire, gardez de quoi boire et manger pendant la montée : il n’est pas prudent de compter sur un commerce ouvert exactement au moment du passage.

La descente découvre le golfe de Porto-Vecchio, le massif de Cagna et parfois la Sardaigne lorsque l’air est net. Le paysage attire les yeux, la route les réclame. Plusieurs courbes se referment et les gravillons se déplacent après le vent ou un épisode pluvieux. Plus bas, une remontée attend encore près de Sotta.

Les derniers kilomètres vers Bonifacio sont roulants, mais moins paisibles. La circulation augmente et la fatigue rend les écarts de trajectoire plus dangereux. L’arrivée ne doit pas devenir un contre-la-montre. Gardez une réserve d’eau et d’attention jusqu’au stationnement ou à l’hébergement.

Distance · profil · arrivée : comptez 71 km, environ 1 014 m de montée et près de 1 800 m de descente. Un départ entre 7 h et 8 h aide à franchir Bacinu avant la grosse chaleur et à aborder l’Extrême-Sud avant les heures les plus chargées.

La boucle de l’Alta Rocca mérite-t-elle une troisième journée ?

La boucle d’environ 40 km au départ de Zonza passe par Levie, Sainte-Lucie-de-Tallano, Zoza, Serra-di-Scopamène et Quenza. Elle permet de voir les villages de l’intérieur sans quitter l’Alta Rocca. Elle n’est cependant pas nécessaire pour rejoindre Bonifacio.

Je la conseille si Zonza sert de base pendant deux nuits et si les jambes récupèrent bien. Elle perd beaucoup de son intérêt lorsqu’elle est ajoutée à la hâte avant l’étape de 71 km. Les montées courtes s’accumulent, et une boucle annoncée à 40 km reste une vraie sortie de montagne.

Bavella demande la même prudence. Le col ne constitue pas un petit crochet décoratif depuis Zonza. Son ascension, sa circulation estivale et le retour augmentent sensiblement la journée. Pour découvrir d’autres destinations de Corse-du-Sud, mieux vaut prolonger le séjour après Bonifacio que déformer les étapes au dernier moment.

Vélo de route ou VAE : le relief tranche

Un vélo de route bien entretenu convient à un cycliste habitué aux cols et aux longues descentes. Vérifiez les plaquettes ou patins, les pneus, la transmission et le serrage des roues. Emportez deux chambres à air, ou un nécessaire tubeless complet, ainsi qu’une pompe et un outil multifonction. Sur cette portion, de bons freins valent davantage qu’un vélo allégé de quelques centaines de grammes.

Le VAE rend les montées plus accessibles, mais ne transforme pas la GT20 sud en promenade. L’autonomie dépend du poids total, du vent, de la température, du dénivelé et du niveau d’assistance. Une batterie confortable sur le littoral peut devenir juste avant Zonza. Les points de recharge signalés sur le parcours ne garantissent ni une prise libre ni un établissement ouvert.

Avant une location de vélo électrique, demandez par écrit la capacité de la batterie, la présence du chargeur, l’assistance en cas de panne et les conditions de récupération à Bonifacio. Vérifiez aussi si la batterie peut être retirée pour charger dans la chambre. Une prise inaccessible dans un garage fermé ne résout rien.

Quand rouler sur la GT20 en Corse-du-Sud

Mai, juin et septembre donnent le meilleur équilibre entre longueur des journées, chaleur et circulation. Les offres 2026 peuvent couvrir une période allant d’avril à fin octobre, mais une saison commerciale ne garantit pas une météo stable ni des services ouverts chaque jour dans les villages.

Juillet reste praticable avec un départ matinal. En août, la route devient plus chaude et plus chargée à l’approche de Bonifacio. Le silence du col de la Vaccia existe encore, mais il faut le chercher tôt. Partir après un long petit-déjeuner est rarement un bon calcul sur l’étape de 71 km.

En avril et en octobre, le problème s’inverse : fraîcheur en altitude, journées plus courtes et horaires réduits. Consultez l’état des routes et la météo la veille, puis au réveil. Un épisode orageux sur l’Alta Rocca ou un vent fort justifie de différer le départ. La trace GPX doit aussi être enregistrée hors ligne ; le balisage n’est pas une assistance mécanique et le réseau mobile peut manquer dans les vallées.

Budget, hébergements et retour depuis Bonifacio

La GT20 emprunte des routes publiques. Il n’existe ni billet d’accès ni horaire d’entrée. Le budget vient du vélo, des nuits, des repas, du transport des bagages et du retour. Le stationnement éventuel doit être convenu avec l’hébergement de départ : laisser une voiture plusieurs jours sur une place de village sans accord n’est pas une organisation.

Comme repère vérifié pour 2026, un séjour encadré de six jours et cinq nuits sur la partie sud était proposé à partir de 950 € par personne. Pour quatre jours, les bases annoncées étaient de 220 € pour un vélo hybride, 260 € pour un vélo de route et 280 € pour un VAE. Ces montants ne sont pas universels. Le mois d’août, une chambre individuelle, la livraison et la récupération du matériel augmentent la facture.

Les capacités sont réduites à Zicavo et à Zonza. Réservez tôt, puis demandez où le vélo dormira, à quelle heure le petit-déjeuner peut être servi et si les bidons peuvent être remplis avant le départ. Une chambre confirmée sans local sécurisé ni horaire matinal peut compliquer toute l’étape.

Le retour depuis Bonifacio doit être verrouillé avant le premier coup de pédale. Un véhicule qui transporte quatre passagers ne peut pas forcément accepter quatre vélos montés. Faites confirmer le lieu de rendez-vous, l’horaire, le nombre de vélos, les bagages et le prix total. Pour replacer ce parcours parmi les autres façons de rouler sur l’île, consultez aussi La Corse à vélo.

En pratique : partez sur deux journées entre Zicavo, Zonza et Bonifacio ; ajoutez la boucle de l’Alta Rocca seulement avec une seconde nuit à Zonza. Téléchargez la trace hors ligne, contrôlez freins et batterie chaque matin, confirmez les ravitaillements et organisez la récupération des cyclistes comme des vélos avant le départ.

Léa Santoni, guide insulaire
Léa Santoni
Guide & rédactrice

Insulaire née à Sartène, ex-guide accompagnatrice en montagne, je vis à Porto-Vecchio. J'écris les guides de Corse-du-Sud. — celles et ceux que je donnerais à un ami qui débarque pour la première fois : les criques sans nom, les prix honnêtes, les pièges à touristes et l'heure exacte où Palombaggia se vide.

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