Pour choisir un sac à dos pour le GR20 en Corse-du-Sud, visez 45 à 50 litres si vous dormez en refuge ou sous une tente louée, 30 à 40 litres avec transfert de bagages, et 50 à 55 litres avec votre propre tente. Une fois chargé avec l’eau et la nourriture du départ, le sac devrait rester autour de 10 kg. Le volume compte, mais la longueur de dos, la ceinture et la stabilité comptent davantage.

À 6 h au-dessus d’Usciolu, le granit garde encore la fraîcheur de la nuit. C’est souvent là, dès la première descente raide, que l’on découvre si son sac est bien choisi. Une ceinture qui glisse ou deux kilos superflus finissent par occuper toutes les pensées. Ancienne guide accompagnatrice, j’ai vu des marcheurs avec un excellent équipement sur le papier et un portage franchement pénible. Le bon sac à dos GR20 est celui qui correspond au couchage prévu, puis à votre dos.

Quel volume de sac choisir pour le GR20 sud ?

Le nombre de jours donne une indication trompeuse. On emporte presque les mêmes vêtements pour quatre jours que pour une semaine : une tenue de marche, une tenue sèche pour le soir et quelques sous-vêtements. Le volume dépend surtout du couchage, de la nourriture et de l’assistance éventuelle.

30 à 40 litres avec transfert de bagages

Ce format convient à une traversée organisée lorsque les affaires du soir sont acheminées entre les hébergements. Le sac de marche doit néanmoins contenir l’eau, le repas, une couche chaude, la veste imperméable, la frontale et la trousse de secours. Gardez aussi assez de place pour ranger les bâtons ou un vêtement retiré en chemin.

Un sac minuscule couvert d’objets suspendus perd tout intérêt. Dans les blocs autour des aiguilles de Bavella, une gourde ou une paire de sandales qui balance finit par gêner les appuis.

45 à 50 litres en refuge ou avec tente louée

C’est le choix le plus équilibré pour marcher sans assistance tout en évitant de porter une tente. Ce volume accueille le duvet, les vêtements réduits au strict nécessaire, l’hygiène, la protection contre la pluie et une petite réserve alimentaire.

Ne partez pas avec un sac rempli à ras bord. Il faut pouvoir y glisser du pain, un vêtement humide isolé du reste ou un litre d’eau supplémentaire. Un modèle de 48 litres bien comprimé est souvent plus agréable qu’un 40 litres débordant.

50 à 55 litres avec une tente personnelle

Cette capacité suffit si la tente, le matelas et le duvet sont compacts. Passer à 60 ou 65 litres incite surtout à emporter davantage. La tente personnelle ne donne d’ailleurs pas le droit de dormir où l’on veut : le bivouac sauvage est interdit. Il faut rejoindre les aires prévues près des refuges.

Repère terrain : réunissez tout le matériel avant d’acheter le sac. Le contenu détermine le volume. Si vous commencez par choisir un grand sac, vous trouverez toujours quelque chose pour le remplir.

Pourquoi viser un sac chargé autour de 10 kg ?

Sur une piste régulière, deux kilos de trop semblent supportables. Dans une descente cassante vers Asinau, ils tirent le buste vers l’arrière, chargent les cuisses et rendent les poses de pied moins précises. Le GR20 avec un sac à dos devient alors beaucoup plus exigeant.

Le repère des 20 % du poids du marcheur doit rester un plafond général, pas une cible. Une personne de 55 kg n’a aucun avantage à porter 11 kg simplement parce qu’un calcul le permet. Pour un GR20 sud en refuge, chercher à rester près de 8 à 10 kg avec l’eau du départ est plus sensé.

Pesez quatre ensembles séparément :

  • le sac vide ;
  • le couchage et les vêtements ;
  • la pluie, la sécurité et l’hygiène ;
  • l’eau, la nourriture et les autres consommables.

Cette méthode montre où se trouve réellement le poids. Une tente de deux kilos ne se compense pas en coupant le manche d’une brosse à dents. Il vaut mieux partager le matériel commun, louer une tente ou supprimer un vêtement en double.

Je ne choisirais pas non plus un sac ultraléger au détriment de la ceinture. Dans le relief de l’Alta Rocca, un kilo bien transféré sur le bassin fatigue moins que 800 grammes suspendus aux épaules.

Essayer le sac avec la charge du départ

Un sac à dos pour le GR20 ne s’essaie jamais vide. Placez huit à dix kilos à l’intérieur, répartis comme le sera votre matériel, puis marchez au moins vingt minutes. Montez des escaliers. Penchez-vous. Le miroir du magasin ne révèle ni une bretelle qui frotte ni une ceinture qui descend lentement.

Commencez par régler la longueur de dos. La ceinture doit envelopper le haut du bassin. Serrez-la avant les bretelles : elle doit reprendre la plus grande part de la charge. Ajustez ensuite les bretelles, la sangle de poitrine et les rappels de charge. Ces derniers rapprochent le haut du sac du corps ; trop tendus, ils déforment les bretelles et créent des points de pression.

Contrôlez ces points pendant l’essai :

  • la ceinture reste en place sans comprimer le ventre ;
  • les bretelles ne frottent ni le cou ni l’intérieur des bras ;
  • la tête peut se relever sans heurter le rabat ;
  • le sac ne balance pas lorsque vous descendez une marche de côté ;
  • les gourdes restent accessibles sans retirer le sac.

Les dos très ventilés sont agréables sous la chaleur, mais une armature fortement courbée éloigne parfois la charge et réduit l’espace utile. Sur le granite, je préfère un sac proche du corps, avec une ventilation correcte, à un modèle qui oscille à chaque pas.

Les détails utiles sur les sentiers de Bavella et du Cuscionu

Une ceinture stable, deux sangles de compression latérales et des poches simples suffisent. Une grande ouverture frontale facilite le rangement au refuge, mais ajoute une fermeture exposée à la poussière et à la pluie. Un compartiment principal accessible par le haut reste fiable.

Les poches de ceinture doivent recevoir quelques vivres, la crème solaire ou le téléphone sans gêner le mouvement des bras. Vérifiez aussi les attaches des bâtons. Ils ne doivent pas dépasser largement sur les côtés lorsque le sentier traverse a machja, le maquis.

Je me méfie davantage des accessoires que de leur absence. Une multiplication de compartiments pèse, réduit le volume intérieur et complique le rangement. En revanche, un fond renforcé et des boucles manipulables avec les mains froides ont une vraie utilité.

Le choix des chaussures pour le GR20 doit être fait en même temps que l’essai du sac : une semelle stable ne compense pas un centre de gravité tiré vers l’arrière.

Ranger le sac pour rester stable et garder le duvet sec

Le duvet et la tenue de nuit vont au fond, dans une protection étanche. Placez les objets denses au centre, près du dos : nourriture, batterie et petite trousse de toilette. Les éléments légers occupent la périphérie. La veste de pluie, la couche chaude, la frontale et les premiers secours doivent rester accessibles sans vider le sac sur le sentier.

Une housse protège d’une averse courte, mais le vent peut la soulever et l’eau ruisselle entre le dos et le tissu. Je double toujours l’intérieur avec un grand sac étanche robuste ou plusieurs pochettes. Après un orage sur les crêtes, retrouver un duvet sec n’a rien d’un luxe.

Évitez d’accrocher la tente, les chaussures ou la casserole à l’extérieur. Ces objets modifient l’équilibre et s’accrochent à la végétation. Si le matériel ne rentre pas, réduisez-le avant d’augmenter le volume du sac.

Pour l’eau, prévoyez au moins 1,5 litre de capacité, souvent 2 litres modulables lors des journées chaudes. Les points d’eau peuvent varier avec la saison. Deux contenants limitent aussi le risque de perdre toute la réserve en cas de fuite. Rangez-les près du dos et répartissez leur poids.

Le relief donne une meilleure mesure des besoins que les kilomètres. Consultez le découpage des étapes du GR20 avant de fixer votre capacité d’eau et votre réserve alimentaire.

Les réservations 2026 changent directement le contenu du sac

Pour la saison 2026, les refuges du Parc sont gardés du 16 mai au 4 octobre inclus. La réservation est obligatoire pour le bat-flanc, la tente louée et l’emplacement destiné à une tente personnelle.

Les tarifs annoncés pour 2026 sont de 20 € par personne en refuge, 12 € pour le bivouac, 27 € pour une personne avec tente louée et 39 € pour deux personnes dans une tente louée. Les tentes de location disposent d’un matelas, mais chaque marcheur doit porter son duvet.

Louer la tente permet donc de choisir un sac de 45 à 50 litres. Porter la sienne demande généralement cinq litres de plus, sans donner davantage de liberté sur le lieu de la nuit. Les réservations sont attachées à une date et à un refuge. Une modification doit être anticipée au moins 48 heures avant, sous réserve de place.

Les repas sont demandés sur place et il faut arriver avant 18 h pour réserver celui du soir. Gardez malgré tout une ration simple de secours. Compter sur un produit précis dans chaque petite épicerie serait imprudent, mais porter plusieurs jours de repas alourdirait inutilement le sac.

Posez d’abord votre itinéraire avec le guide du GR20, puis passez chaque objet en revue grâce à la liste du matériel du GR20. La réservation du couchage vient avant l’achat définitif du sac.

Le test qui révèle un mauvais choix avant le départ

Faites au moins deux sorties avec la charge prévue. La première peut durer deux ou trois heures. La seconde doit comporter une longue descente et, si possible, un terrain irrégulier. Les défauts apparaissent souvent après la montée, lorsque la transpiration détend la ceinture et que les épaules commencent à compenser.

Observez les zones rouges, les fourmillements et le déplacement du sac. Si la ceinture glisse, si toute la masse repose sur les épaules ou si le haut du sac tire constamment vers l’arrière, changez de taille ou de modèle. Ajouter du rembourrage ne corrigera pas une longueur de dos inadaptée.

Profitez de ces sorties pour refaire le rangement sous la pluie et sortir la veste sans poser tout le contenu au sol. Au refuge de Paliri ou sur une dalle exposée au vent, cette petite répétition fait gagner du temps et évite de mouiller les affaires sèches.

En pratique : choisissez 45 à 50 litres pour un GR20 sud en refuge ou avec tente louée, 30 à 40 litres avec portage organisé, et 50 à 55 litres avec votre propre tente. Visez environ 10 kg chargé, testez le sac dans une longue descente, protégez le duvet à l’intérieur et gardez l’eau, la pluie, la frontale et les secours immédiatement accessibles.

Léa Santoni, guide insulaire
Léa Santoni
Guide & rédactrice

Insulaire née à Sartène, ex-guide accompagnatrice en montagne, je vis à Porto-Vecchio. J'écris les guides de Corse-du-Sud. — celles et ceux que je donnerais à un ami qui débarque pour la première fois : les criques sans nom, les prix honnêtes, les pièges à touristes et l'heure exacte où Palombaggia se vide.

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