Le Trou de la Bombe, à Bavella en Corse-du-Sud, se rejoint par une boucle d’environ 7 km, 200 m de dénivelé et 2 h 30 à 3 h 30 de marche. Mon verdict est simple : la randonnée vaut surtout pour la pinède et les vues sur le massif ; les derniers rochers sous l’ouverture restent facultatifs. À 7 h 30, le granite prend une teinte cuivrée et le sentier garde encore la fraîcheur de la nuit. C’est l’heure que je choisis. Après 10 h, les voitures s’accumulent au col et les croisements deviennent moins agréables près du Trou.

Ce que vous verrez réellement au Trou de la Bombe

Son nom corse, U Tafonu di u Cumpuleddu, désigne une ouverture circulaire creusée par l’érosion dans une arête de granite. Elle mesure environ huit mètres de diamètre. Depuis le bon angle, la roche ressemble à une fenêtre suspendue au-dessus du ravin.

Les photos donnent parfois une idée trompeuse de l’échelle. Ce n’est pas une arche isolée au milieu d’un vaste plateau. L’espace situé devant l’ouverture est resserré, rocheux et exposé. Quelques groupes suffisent pour créer une file, surtout en juillet et en août. On attend alors son tour sur des appuis peu confortables, ce qui enlève une bonne part du plaisir.

La marche a davantage d’ampleur que son objectif final. Le sentier traverse une forêt de pins laricio, contourne des blocs polis et découvre peu à peu les aiguilles et le secteur de Bavella. J’aime le moment où le vent descend du massif : les branches commencent à murmurer bien avant que l’air frais n’arrive sur le visage. C’est cette ambiance, plus que la photo sous le trou, qui donne son caractère à la sortie.

À ne pas manquer · Les ouvertures entre les pins sur les aiguilles, la lumière rasante du matin et le silence de la boucle lorsque l’on s’éloigne du passage final.

Rejoindre le col de Bavella et se garer en 2026

Le départ se trouve au col de Bavella, à 1 218 mètres d’altitude, sur la D268. On y monte par Zonza ou par le versant de Solenzara. Depuis Zonza, l’approche est plus courte. Depuis la côte orientale, la route est plus longue que ne le laisse penser une simple distance kilométrique.

La D268 enchaîne les virages serrés. Des véhicules se croisent dans les deux sens, avec parfois des cyclistes ou des animaux sur la chaussée. Les temps annoncés par le téléphone sont souvent optimistes. Je garde toujours une marge, surtout lorsqu’un groupe doit se préparer, chausser les enfants ou répartir l’eau avant le départ.

Du 1er juillet au 31 août 2026, le parking aménagé de Bavedda est annoncé ouvert jour et nuit. Les 30 premières minutes sont gratuites, puis le tarif publié est de 2,50 € par heure. Avec trois heures de marche et une pause au col, le stationnement devient donc un vrai poste à prévoir.

L’office de tourisme présente aussi Viseu comme une solution gratuite, avec une navette gratuite reliant Zonza, Viseu et le col de Bavedda. Les rotations sont saisonnières et leurs horaires peuvent évoluer. Vérifiez l’affichage du jour avant de laisser la voiture. Une ancienne capture d’écran n’est pas une garantie de retour.

Aucune réservation n’est demandée pour marcher librement sur le sentier. Une réservation ne concerne qu’une sortie encadrée par un accompagnateur. En été, le choix le plus simple reste d’arriver avant 8 h 30 ou d’utiliser Viseu lorsque les rotations correspondent à votre programme.

Accès · D268 jusqu’au col. Stationnement · Parking payant à Bavedda en pleine saison ; solution Viseu et navette à confirmer le jour du départ. À éviter · Les bas-côtés, les virages et les accès réservés aux secours.

L’itinéraire à suivre depuis le départ

Au col, cherchez les panneaux portant le nom U Tafonu di u Cumpuleddu. Plusieurs chemins partent du même secteur et certains randonneurs s’engagent vers un autre itinéraire. Ne suivez pas le premier groupe sans regarder les indications.

Je photographie le panneau de départ et j’enregistre une carte hors ligne. Le réseau mobile devient irrégulier sous les pins. Cette précaution prend trente secondes et évite de dépendre d’une trace qui refuse soudain de s’afficher.

Le chemin gagne progressivement la forêt. Le sol alterne terre, racines et blocs de granite, avec quelques replats où le groupe peut se reformer. Près de la chapelle, les indications locales conduisent vers un petit plateau boisé. Le parcours descend ensuite vers la cuvette de Bocca di u Velacu, franchit un petit cours d’eau puis contourne l’arête rocheuse. L’ouverture apparaît assez tard.

Le balisage présent sur place reste la référence. Une trace téléchargée plusieurs mois auparavant peut ignorer une déviation, une intervention forestière ou une fermeture temporaire. Aux bifurcations, prenez le temps de chercher la marque suivante avant de continuer.

Durée · Prévoyez une demi-journée sans presser le pas. Orientation · Panneaux du départ, balisage en place et carte hors ligne. À ne pas faire · Quitter le sentier pour couper entre deux virages.

Une randonnée facile, sauf dans les derniers mètres

Le classement « facile » décrit assez bien la boucle forestière. Il décrit mal l’approche immédiate du Trou de la Bombe. Les derniers mètres demandent parfois de poser les mains, de choisir ses appuis et d’accepter la proximité du vide. Les dalles deviennent nettement moins accueillantes lorsqu’elles sont humides.

Il n’est pas nécessaire de franchir cette portion pour voir la cavité. Un point d’observation permet d’apprécier le site sans grimper jusqu’à l’ouverture. Lorsque le rocher est mouillé, que le passage est encombré ou qu’une personne hésite, je m’arrête là. La bonne décision se prend devant le terrain, pas devant la photo espérée.

Avec des enfants, l’âge compte moins que l’habitude de marcher sur un sol irrégulier. Un enfant capable de tenir trois heures, de gérer ses appuis et de respecter une consigne peut apprécier la boucle. Un autre se fatiguera bien avant les rochers. La poussette est exclue. Porter un tout-petit sur le final modifie l’équilibre et demande une vraie expérience du terrain.

Fixez une heure de demi-tour avant de partir. Un enfant qui trébuche davantage, refuse de boire ou demande à être porté a déjà atteint sa limite. Pour comparer ce niveau avec d’autres randonnées de Corse-du-Sud, retenez un effort modéré mais un sol plus technique qu’une promenade aménagée.

Difficulté · Modérée sur la durée, délicate près de l’ouverture. Familles · Possibles avec des enfants marcheurs. Vertige · Arrêt conseillé au point d’observation.

Choisir la bonne heure et la bonne saison

Mai, juin, septembre et le début de l’automne donnent généralement le meilleur équilibre. Le col respire davantage et les croisements sont plus simples. La température peut toutefois chuter vite lorsque les nuages accrochent les aiguilles. Même après une matinée lumineuse, une veste légère n’est pas superflue.

En juillet et en août, un départ entre 7 h 30 et 8 h 30 change réellement la randonnée. La pinède protège du soleil pendant une partie du parcours, mais pas de la déshydratation. En fin de matinée, les visiteurs se concentrent devant l’ouverture et les passages rocheux ralentissent.

Les orages sont l’autre limite. Dès que le ciel se ferme sur le massif, les dalles peuvent devenir glissantes et le col changer d’ambiance en quelques minutes. N’attendez pas les premières gouttes pour revenir. En hiver, neige, gel et chaussée glissante font basculer cette sortie dans un registre montagnard. Son classement estival ne s’applique plus.

Quand y aller · Matin tôt en été ; printemps ou septembre pour davantage de calme. Quand renoncer · Orage annoncé, rocher humide, vent fort ou visibilité qui se dégrade.

Risque incendie et fermetures du massif

À Bavella, les conditions d’accès peuvent changer en quelques heures. Le massif a été fermé par arrêté le 17 juillet 2026, puis cette mesure a été levée le 20 juillet. Cet épisode passé montre la rapidité des décisions ; il ne renseigne pas sur la situation du lendemain.

Contrôlez le risque incendie et les restrictions le matin même. En arrivant, regardez aussi les panneaux, barrières et consignes données par les agents. Une application de randonnée peut continuer à afficher le parcours alors qu’un arrêté vient d’en interdire l’accès. En cas de fermeture, il n’existe pas de détour acceptable à pied.

L’ouverture de la D268, celle du sentier et le niveau de risque incendie sont trois vérifications différentes. Les informations pratiques pour un séjour en Corse-du-Sud permettent d’anticiper circulation et contraintes saisonnières, mais les consignes visibles sur place gardent la priorité.

Sécurité · Prévoyez un plan B hors massif. Ne laissez jamais la voiture de manière à gêner une évacuation ou le passage des secours.

Équipement et décision de demi-tour

Des chaussures fermées avec une semelle qui accroche sont le minimum. Les racines, petits blocs mobiles et dalles fatiguent davantage que le dénivelé. Les bâtons aident dans la forêt, à condition de pouvoir les ranger pour libérer les mains sur le final.

  • Au moins un litre d’eau par personne, plutôt 1,5 litre en plein été ;
  • une veste légère et une protection solaire ;
  • une petite réserve alimentaire ;
  • un téléphone chargé avec une carte disponible hors ligne.

Ne comptez pas sur le ruisseau pour remplir une gourde. Hors saison, ne partez pas non plus du principe que les commerces du col seront ouverts. L’autonomie doit commencer dès le parking.

Si les rochers sont humides, si une personne ne sent plus ses appuis ou si l’approche est saturée, restez sur la partie stable. Renoncer aux derniers mètres ne gâche pas la randonnée. La pinède, les blocs de granite et la lumière sur les aiguilles auront déjà rempli la matinée.

En pratique : départ au col de Bavella par la D268 ; comptez environ 7 km, 200 m de dénivelé et 2 h 30 à 3 h 30 avec les pauses. En été, arrivez avant 8 h 30. La marche libre ne demande pas de réservation. Vérifiez le matin même la météo, le risque incendie, l’ouverture de la route et les consignes locales. Le passage rocheux sous le Trou de la Bombe reste facultatif.

Léa Santoni, guide insulaire
Léa Santoni
Guide & rédactrice

Insulaire née à Sartène, ex-guide accompagnatrice en montagne, je vis à Porto-Vecchio. J'écris les guides de Corse-du-Sud. — celles et ceux que je donnerais à un ami qui débarque pour la première fois : les criques sans nom, les prix honnêtes, les pièges à touristes et l'heure exacte où Palombaggia se vide.

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